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  Historie

Histoire de l'E.U.R.


L'Union Européenne des Rechtspfleger (EUR) est l’union des associations professionelles des Rechtspfleger et de fonctionnaires similaires en Europe. Au fur et à mesure que plusieurs organisations hors de l’Europe sont devenues membres associés de l'EUR, son influence s'étend également au-delà du continent européen.
Les Rechtspfleger sont des fonctionnaires des tribunaux auxquels ont été transféré des tâches juridiques en vue de les régler en toute indépendance et dans leur propre responsabilité. Ils appartiennent à la catégorie élevée des fonctionnaires de justice; le transfert de compétences juridiques nécessite une formation de haut niveau et d'une durée minimum de trois années. Plus de détail sous: "Statut-modèle pour un Rechtspfleger/greffier européen". Les professions similaires aux Rechtspfleger ont également des attributions juridiques qu'ils règlent en toute indépendance et participent par ailleurs, aux côtés du magistrat, au règlement des procédures judiciaires.
Les Droits de l'Homme ont une importance particulière dans le travail des Rechtspfleger/greffiers. Le Rechtspfleger/greffier fait le lien entre les citoyens et la justice; la proximité des tribunaux devient réalité grâce à cette profession. Il contribue par conséquent beaucoup à la sauvegarde des Droits de l'Homme.
Notre époque est marquée par les changements et le rapprochement est-ouest. Collaborer à la construction de structures basées sur l'Etat de Droit dans les pays d'Europe centrale et orientale constitue un des devoirs majeurs de l'Union Européenne des Rechtspfleger. L'introduction du Rechtspfleger contribue particulièrement à la réalisation de cet objectif.

L'EUR s'est vue conférer le statut consultatif auprès du Conseil de l'Europe par recommandation du comité des ministres du 5 mai 1971 (résolution 71(10) du 5 mai 1971).
L'EUR collabore activement en qualité d'O.N.G. avec le Conseil de l'Europe.

Conseil de l'Europe et "30 Ans Union Européenne des Rechtspfleger"

Il m'est particulièrement agréable en tant que Directeur des Affaires Juridiques du Conseil de l'Europe de transmettre mes félicitations à l'Union Européenne des Greffiers de Justice à l’occasion de son 30e anniversaire. Je me réjouis également que l'Union publie cette brochure commémorant l'anniversaire, une brochure qui résume encore une fois les nombreuses activités que l'Union peut compter parmi ses mérites.
Les relations toujours fructueuses de l'Union Européenne des Greffiers de Justice avec le Conseil de l'Europe existent depuis de longues années. Le Conseil de l'Europe qui a la tâche de conserver et perfectionner l'Etat de droit a un grand intérêt de maintenir un échange intensif d'expériences et d'opinions avec les organisations des professions juridiques. Ceci s'applique évidemment aussi aux greffiers de justice, dont nous apprécions tous leur rôle important dans l'administration de la justice.
Les Etats membres de notre Organisation ont également reconnu et ont ainsi adopté en 1986 la Recommandation R (86) 12 du Comité des Ministres aux états membres qui définit certaines mesures visant à prévenir et réduire la surcharge de travail des tribunaux. Cette recommandation, qui définit certaines tâches du greffier de justice, a d’ailleurs été élaborée avec la participation active de l'Union.
Les relations entre le Conseil de l'Europe et l'Union ont été intensifiées de nouveau à la suite des changements politiques dans les Etats de l'Europe centrale et orientale. Ces pays, maintenant presque tous membres du Conseil de l'Europe, étaient obligés de réorganiser complètement leur ordre juridique et leur justice pour respecter les principes de l'Etat de Droit. Ce travail n'est d'ailleurs toujours pas terminé.
Il s'est avéré que l'institution du greffier de justice peut être particulièrement utile pour faire face aux nombreuses et - très souvent- nouvelles tâches des tribunaux dans ces pays. Ainsi plusieurs de ces états ont déjà inclus cette profession dans leur système juridique ou ont l'intention de le faire.
Au nom du Conseil de l'Europe, je voudrais exprimer notre reconnaissance profonde envers l'Union Européenne des GreffIers de Justice pour son engangement actif dans les séminaires, colloques, etc. organisés par le Conseil de l'Europe pour les pays de l'Europe centrale et orientale. Ceci me paraît une tâche vraiment nécessaire et utile.
Je souhaite à l'Union - également pour l’avenir - beaucoup de succès et je compte sur une bonne coopération continue.

Guy DE VEL
Directeur des Affaires Juridiques du Conseil de l'eEurope


Phase de création
Les premières tentatives d'une union internationale de Rechtspfleger résultent des contacts entre Rechtspfleger allemands et autrichiens. Le fait que dans ces pays-là le Rechtspfleger était une institution bien développée, que la langue était commune et que des contacts amicaux préexistaient depuis de nombreuses annees, a favorisé cette évolution.
Une premiere union à deux.
La base de la création de l'E.U.R. a été posée par les organisations professionnelles des Rechtspfleger allemands et autrichiens. Ils ont fondé dans un premier temps une communauté à deux mais ont envisagé dès le début de l'élargir à une union européenne. Il fallait contacter le plus vite possible des collègues exerçant des professions similaires dans d'autres pays européens. Aussi dès le début, la communauté prit le nom UNION EUROPEENNE DES RECHTSPFLEGER. Karl Weber, président du Bund Deutscher Rechtspfleger et Raimund Friedrich, président de la section justice du syndicat du service public, et un petit groupe de militants convaincus ont été à l'origine de ce mouvement. Ils prônaient une internationalisation des Rechtspfleger et des professions similaires, l'harmonisation du droit en Europe et l'entretien de contacts amicaux au-delà des frontières. Une collaboration avec le Conseil de l'Europe et le Parlement européen à Strasbourg était envisagée dès le début.
Ces initiateurs étaient des européens convaincus qui avaient conscience que la connaissance et la compréhension des hommes d'autres pays constituent une contribution essentielle au maintien de la paix en Europe.
Ces représentants d'un métier relativement jeune avaient aussi conscience que la profession ne pouvait être assurée et développée sans que soient franchies consciemment des frontières, sans que soient prises en charge de nouvelles tâches et sans que soient gagnées de nouvelles amitiés.
La création de cette union bilaterale a eu lieu le 25 juin 1965 au château de Liebenzell en Forêt Noire (Allemagne).

Création de I'E.U.R. le 6.10.1967

Après la réunion des organisations professionnelles de l’Allemagne et de l’Autriche le 25.06.1965 les organisations similaires de fonctionnaires en Europe ont été contactées. Le pivot de ces contacts se situait à Strasbourg (les contacts avec les collègues de l’Alsace étaient déjà fructueux jusqu’à présent). La création officielle de l'E.U.R. eut lieu le 6.10.1967 à Karlsruhe dans le cadre du congrès des Rechtspfleger allemands.

Les organisations professionnelles
Syndicat des agents des services publics, section fédérale justice (communauté de travail des fonctionnaires B), Vienne, Autriche
Nationale Confederatie der Griffiers van de Hogen Rechtbanken van Het Rijk, Brüssel, Belgique
Syndicat autonome des fonctionnaires des Cours et Tribunaux, Paris, France
Union des Rechtspfleger allemands e.v., Düsseldorf, Allemagne
Justice 'Clerks' Society, Londres, Grande Bretagne
ont fondé l'Union sous respect de leur indépendance nationale.
L'appelation "Europäische Union der Rechtspfleger" fut conservée et conformément aux nouveaux statuts, complétée par la version française "Union Européenne des Greffiers de Justice".
Le sigle E.U.R. fut choisi (il contient également les 3 premières lettres du continent EURope).

La manifestation de création s'est déroulée dans la salle d'audience de la Cour Fédérale de Karlsruhe en présence de :
Pour l'Autriche, Regierungsrat Friedrich, Vienne, Amtsrat Meindl, Linz, Amtsrat Bruschek, Linz.
Pour la Belgique, Straetmans, Griffier in het Hof van Beroep, Embourg (Liège), Griffier R.I.A. Aernout, Anvers, Penen, Greffier du tribunal de commerce, Merelbeke , Herbosch, Greffier en chef, Asse.
Pour la France: Froehlich, réviseur du livre foncier, Strasbourg , Foessel, Greffier en chef, Strasbourg.
Pour la Grande Bretagne: Cooper, Clerk to the Justices, LLB. Southend-on-Sea.
Pour la République Fédérale d'Allemagne: Weber Justizoberamtmann, Mannheim , Reiss, Oberamtsanwalt, Schwetzingen.
La présidence de la séance fut confiée à Karl Weber et le secrétariat de séance à Günther Reiss. Les collègues Rudolf Maier, Kehl, et Laux, Mannheim, ont assuré la traduction en français et en anglais. Karl Weber abordait point par point le projet de statuts de l'E.U.R. etabli en Allemagne (et transmis aux participants préalablement). La version définitive des statuts fut adoptée à l’unanimité lors de cette discussion. La décision d'adhésion devait alors encore être ratifiée par les 5 organisations professionnelles (ce qui a été fait dans les délais prévus).

Election du premier bureau

Après l'adoption des statuts et de la décision officielle de création on procédait à l'élection du premier bureau. Le Bund Deutscher Rechtspfleger se déclarait prêt à se porter candidat. Sur proposition de Raimund Friedrich le bureau composé comme suit a été élu à l'unanimité :

Karl Weber, Président -
Günter Reiss, Secrétaire Général
Hans Otto Helpertz, Trésorier (tous membres du Bund Deutscher Rechtspfleger)

Les statuts prévoient que les membres du bureau sont issus d'une seule organisation membre et non de différents pays.
Chaque pays membre est représenté par un vice-président dans la présidence de l'E.U.R.
Les organes définis par l'E.U.R. sont :
- le bureau
- la présidence
- l'assemblée générale (le congrès)
Le paragraphe 2 des statuts décrit les objectifs de l'Union et notamment :
l'entretien de relations collégiales et amicales au-delà des frontières des états
la représentation des intérêts matériels et moraux des membres
la participation au développement du droit en Europe dans les domaines d'intérêt juridique pour les organisations membres
Les organisations des 16 pays membres ont rejoint peu à peu l'union ainsi que plusieurs associations hors de l’Europe en qualité de membres associés.
Membres de l'E.U.R. (organisations professionnelles des pays suivants) :
Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Suède. (une seule organisation par pays européen peut devenir membre de plein droit).
Membres associés: Japon, Mali, Maroc, Tunisie.

Des organisations similaires issues des pays hors de l’Europe peuvent adhérer à l'union en qualité de membres associés.
Les membres associés ont le statut consultatif auprès de l'Union. Ils doivent être entendus lorsque leurs intérêts nationaux sont en jeu ou dans les questions d'ordre général. Dans ces cas ils ont la droit de vote. Les cotisations ne doivent être versées que par les membres de plein droit.
L'organisation des Clerks to the Justice, Grande Bretagne, mettait fin à sa collaboration avec l'E.U.R. compte tenu de son système judiciaire très différent.
Il y a quelques temps l'organisation anglaise a montré son intérêt pour une nouvelle collaboration avec l'E.U.R.

Admission dans les ONG, statut consultatif auprès du Conseil de l'Europe

Dès la création de l'E.U.R. une collaboration étroite avec le Conseil de l'Europe avait été envisagée comme un objectif essentiel. Une coopération fructueuse s'est développée rapidement, notamment avec la direction des affaires juridiques. Pour mieux percevoir ces devoirs un représentant permanent auprès du Conseil de l'Europe (et des ONG) a été nommé (Arthur Kastner, (Strasbourg), puis Rudolf Maier (Kehl) et maintenant Jean-Jacques Kuster (Strasbourg).
Dans le comité des experts pour le fonctionnement de la justice et pour l'informatique dans la justice l'E.U.R. s'est vue reconnaître le statut d'observateur (elle est entendue avant toute décision et peut former des suggestions et des propositions).

Déjà en 1969 l'E.U.R. décidait de solliciter officiellement le statut consultatif.

Chronologie de cette décision importante:
- Suite à de divers courriers au Conseil de l'Europe pour connaître les possibilités, l'admission au sein des ONG (union des organisations non gouvernementales) et l'attribution du statut consultatif ont été sollicitées le 13.10.1969.
4.02.1971 la direction des affaires juridiques du Conseil de l'Europe recommande l'attribution du statut consultatif
9.03.1971 L'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe donne son accord.
5.05.1971 LE COMITE DES MINISTRES ACCORDE LE STATUT CONSULTATIF A
L'E.U.R. (résolution (71) 10 du 5.05.1971).
Par courrier du Conseil de l'Europe du 12.5.1971 (voir copie annexe) l'E.U.R. a été informé de la décision du comité des ministres.

Bureau de l'E.U.R. de 1967

1967 - 1975
Karl Weber, Président, Allemagne
Günter Reiss, Secrétaire Général, Allemagne
Hans Otto Helpertz, Trésorier, Allemagne

1975 - 1979
René Rohr, Président, France
Camille Sittler, Secrétaire Général, France
Arthur Kastner, Trésorier, France

1979 - 1983
Raimund Friedrich, Président, Autriche
Herbert Winkler, Secrétaire Général, Autriche
Paul Sturm, Trésorier, Autriche

1983 - 1989
Karl Weiss, Président, Allemagne
Rudolf Maier, Secrétaire Général, Allemagne
Günter Reiss, Trésorier, Allemagne

1989 - 1995
Germinal Garriga, Président, France
Jean-Jacques Kuster, Secrétaire Général, France
André Bichwiller, Trésorier, France

1995 - 2001
Paul Sturm, Président, Autriche
Herta Habersam-Wenghoefer, Secrétaire Générale, Autriche
Reinhard Fettner, Trésorier, Autriche

2001 - 2007
Gabriele Guarda, Président, Italie
Giovanni Asenza, Secrétaire Général, Italie
Roberto Galullo, Trésorier, Italie

2007 –
Thomas Kappl, Président, Allemagne
Adelheid Hell, Secrétaire Générale, Allemagne
Harald Wilsch, Trésorier, Allemagne

UNION EUROPEENNE DES RECHTSPFLEGER
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